fbpx

La vie, 10 ans plus tard

La vie, 10 ans plus tard

Il y a 10 ans jour pour jour, le 5 mai 2006, j’étais à l’hôpital de Hull pour mon dernier traitement de chimio et pour faire enlever le “pick-line” de mon bras.

 Il y a 10 ans jour pour jour, je sortais de l’hôpital pour commencer une nouvelle étape, une nouvelle vie, parce que j’avais la chance incroyable de pouvoir continuer à vivre. Je connaissais ma chance, mais je ne savais pas encore quoi faire avec.

 J’ai l’impression aujourd’hui que, depuis cette date fatidique, j’ai vécu une centaine de vies. Et c’est tout comme, parce que depuis 10 ans, je suis passé à travers beaucoup de défis, j’ai fait face à beaucoup de doutes et j’ai dû faire des sauts dans le vide, à droite et à gauche.

Quand je pense à la Marie d’avant la chimio, c’est comme si c’était dans le brouillard, comme si c’était carrément dans une autre vie. Et ça me fait réaliser que si je suis si différente aujourd’hui, c’est que j’ai eu la capacité (mais surtout le désir profond) de me réinventer afin de devenir qui je voulais Être.

À travers ces étapes, j’ai appris à accepter qui je suis, mais surtout j’ai compris que si je voulais être heureuse, je devais choisir le chemin du bonheur et arrêter de m’apitoyer sur mon sort. Ce n’était pas une période facile, mais je suis tellement reconnaissante aujourd’hui d’avoir fait face à ces montagnes, qui m’ont permis au final d’être moi, dans toute mon imparfaite perfection.

Que ce soit clair; je ne me considère pas comme super woman et j’en suis bien consciente. Ce texte n’est pas à propos de “regardez-moi, je suis donc bonne” (quoique je le suis et je me le rappelle régulièrement. Vous devriez faire pareil, c’est bon pour le moral). Si, en lisant ce texte, certains d’entre vous décidaient de réfléchir sur ce que vivre une vie lumineuse voudrait dire pour vous, j’aurai gagné mon pari.

Donc, en cette magnifique journée du 5 mai 2016, je prends un moment pour constater le chemin parcouru, pleinement consciente de mes imperfections, et ça me donne la certitude que nous avons tous la capacité de changer de cap, de nous redéfinir, de changer de route complètement, malgré les diplômes en XYZ, malgré notre entourage qui voudrait donc que tout reste pareil-pareil mais surtout, malgré les responsabilités que nous portons sur nos épaules.

Si vous n’êtes pas heureux, si vous sentez que vous êtes en train de manquer le train de la vie, vous méritez mieux. Changez de cap.

Que ce soit changer de travail, de laisser aller ces relations toxiques une fois pour tout, de partir à l’aventure, peu importe. Pourvu que chaque pas vous amène de plus en plus près de votre meilleure vie. Et même si le chemin est long, ce n’est pas grave. Simplement, n’attendez pas qu’une massue vous frappe dans le front, sous forme de maladie ou de dépression. N’attendez pas de prendre votre retraite pour suivre votre passion, pour être finalement heureux.

Si vous pouvez éviter d’avoir à souffrir pour finalement choisir de vivre, faites-le.

Et si j’ai été capable de choisir mon chemin de vie le plus lumineux, malgré un cancer, des fausses couches, des jumeaux (bazouel!), un troisième enfant dans le mix et un burn-out sur le gâteau, je sais que vous en êtes aussi capable.

Vous méritez une vie qui vaut la peine d’être vécue. C’est le temps de sauter, parce que ça va être extraordinaire quand vous atterrissez.